Sous-traitants & fournisseurs
L’attestation d’assurance responsabilité civile professionnelle
C’est l’attestation la plus demandée aux prestataires, et la moins encadrée : aucune obligation générale ne l’impose, aucun arrêté n’en fixe le modèle, et sa période de validité ne dit rien de l’état réel de la garantie. Cette fiche explique sur quel fondement vous pouvez l’exiger, ce qu’il faut y lire, et les deux mécanismes du code des assurances qui décident de la couverture sans jamais figurer sur le document.
L’attestation de responsabilité civile professionnelle est la pièce la plus systématiquement réclamée dans un dossier fournisseur. Elle est aussi la moins encadrée : aucun texte n’impose sa forme, aucune obligation générale n’impose son existence, et sa période de validité ne dit rien de l’état réel de la garantie au jour où un sinistre survient.
Cet écart entre l’usage et le droit produit deux erreurs symétriques. Réclamer la RC pro « parce que c’est obligatoire » expose à une discussion que l’on perd dès que le prestataire demande le texte. Classer l’attestation reçue sans la lire donne un dossier complet en apparence et vide en pratique.
Cette fiche traite l’attestation pour elle-même. Pour l’ensemble des pièces à réunir auprès d’un prestataire, voir le guide quels documents demander à un sous-traitant.
Qu’est-ce que l’attestation de RC professionnelle ?
C’est le document par lequel un assureur atteste qu’une entreprise a souscrit chez lui une garantie couvrant les conséquences pécuniaires de sa responsabilité civile professionnelle : les dommages corporels, matériels et immatériels causés à des tiers — clients, usagers, voisins, autres intervenants — dans l’exercice de son activité.
Le vocabulaire du marché distingue couramment deux volets, qui ne correspondent à aucune définition légale :
- la « RC exploitation », qui vise les dommages causés en dehors de l’exécution de la prestation elle-même : un salarié qui renverse un équipement chez le client, une chute provoquée par un matériel laissé dans un couloir ;
- la « RC professionnelle » au sens strict, qui vise les dommages résultant de la prestation : une erreur de conseil, un développement défectueux, une pièce mal montée, un retard fautif.
Les deux volets figurent souvent au même contrat, parfois avec des plafonds distincts. Un donneur d’ordre qui réclame « une RC pro » sans préciser reçoit ce que le contrat du prestataire contient — pas nécessairement ce dont il a besoin.
Aucun modèle réglementaire, contrairement à la décennale
C’est le point qui change tout dans la pratique de vérification. Pour l’assurance construction, l’arrêté du 5 janvier 2016 fixe un modèle d’attestation et des mentions minimales, codifiées à l’article A243-3 du code des assurances. Aucun équivalent n’existe pour la RC professionnelle en général : ni format, ni mentions obligatoires. Le contenu relève de l’assureur.
Conséquence directe : deux attestations peuvent être également authentiques et n’avoir ni le même niveau de détail, ni la même valeur informative. Comparer une attestation à un modèle de référence n’est pas possible ici ; il faut lire ce qui est écrit, et surtout repérer ce qui ne l’est pas.
À quoi sert-elle ?
Pour le prestataire, elle prouve qu’il peut indemniser un dommage sans y engager sa seule trésorerie. Pour le donneur d’ordre, elle répond à une question de solvabilité : si l’intervention cause un préjudice — à vous, à vos locaux, à vos clients, à un tiers sur votre site — un assureur intervient-il, ou l’indemnisation dépendra-t-elle des comptes de l’entreprise ?
Ce que l’attestation ne fait pas : elle ne transfère aucune responsabilité. Vous restez responsable devant vos propres clients de la prestation que vous leur livrez, y compris pour la part sous-traitée. La RC pro de votre prestataire est un recours possible, pas un bouclier.
Qui doit la fournir ?
Toute entreprise à qui vous la demandez et qui a accepté de la fournir — la formulation est volontairement plate, parce que l’obligation dépend entièrement du régime applicable, détaillé ci-dessous. En pratique, la demande vise les prestataires intervenant sur site, ceux dont la prestation peut causer un dommage matériel ou immatériel significatif, et ceux qui exercent une activité réglementée.
Qui doit la demander ?
Le donneur d’ordre, l’entreprise cliente, l’acheteur au moment du référencement, le maître d’ouvrage pour les intervenants sur son site. En marchés publics, l’acheteur peut demander aux candidats, au titre des capacités économiques et financières, la « preuve d’une assurance des risques professionnels pertinents » — c’est une pièce de candidature, appréciée à un instant donné, sans périodicité de renouvellement prévue par le texte.
Est-elle obligatoire ?
Il n’existe pas d’obligation générale d’assurance de responsabilité civile professionnelle en droit français. La formulation officielle est constante : souscrire une assurance professionnelle « n’est pas toujours obligatoire », tout dépendant de l’activité exercée. Trois régimes coexistent.
1. L’obligation légale, pour les activités et professions réglementées
Elle résulte à chaque fois d’un texte sectoriel, jamais d’une règle transversale. Parmi les cas les mieux établis :
- professionnels de santé libéraux, établissements et services de santé, ainsi que les producteurs, exploitants et fournisseurs de produits de santé : article L1142-2 du code de la santé publique ;
- avocats : article 27 de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971, qui impose une assurance de responsabilité civile et, séparément, une garantie affectée au remboursement des fonds reçus des clients ;
- experts-comptables : article 17 de l’ordonnance n° 45-2138 du 19 septembre 1945, l’assurance devant couvrir l’ensemble des travaux et activités ;
- architectes : article 16 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977, avec attestation annuelle au conseil régional de l’Ordre et annexion de l’attestation aux contrats conclus avec les clients ;
- géomètres-experts : article 9-1 de la loi n° 46-942 du 7 mai 1946 et articles 33 à 35 du décret n° 96-478 ;
- agents immobiliers et professionnels de l’immobilier : loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, dite loi Hoguet — à ne pas confondre avec la garantie financière, distincte, qui obéit à ses propres montants minimaux ;
- intermédiaires en assurance (courtiers, agents généraux, mandataires) : article L512-6 du code des assurances, avec des montants minimaux de garantie fixés au niveau européen et indexés périodiquement ;
- intermédiaires en opérations de banque et services de paiement et conseillers en investissements financiers : code monétaire et financier, avec là aussi des montants minimaux vérifiables auprès de l’Orias ;
- opérateurs de voyages et de séjours : articles L211-18 et R211-35 à R211-40 du code du tourisme — le montant des garanties y est en revanche librement fixé par les parties ;
- entreprises de sécurité privée : article L612-5 du code de la sécurité intérieure ;
- exploitants d’établissements d’activités physiques et sportives et groupements sportifs : articles L321-1 et L321-7 du code du sport, l’obligation pesant sur l’exploitant, dont le contrat doit couvrir ses enseignants.
Deux nuances comptent pour un donneur d’ordre. Chez les notaires, la responsabilité civile professionnelle est garantie par un contrat souscrit par le Conseil supérieur du notariat : c’est une garantie collective, non une souscription individuelle. Chez les administrateurs et mandataires judiciaires, l’assurance est souscrite par l’intermédiaire de leur caisse de garantie. Demander à ces professionnels « leur » attestation de RC pro individuelle repose sur une lecture inexacte du texte.
2. L’exigence contractuelle : le cas le plus fréquent
Pour un prestataire informatique, un cabinet de conseil, une entreprise de nettoyage, un transporteur, un industriel, un fournisseur de matériel — aucun texte n’impose la RC professionnelle. Vous pouvez parfaitement l’exiger, et c’est même recommandé, mais l’exigence n’a de portée que si elle est écrite : contrat, conditions générales d’achat, cahier des charges de référencement. Sans écrit, un prestataire qui refuse de produire son attestation ne viole rien.
Cette distinction n’est pas un détail de vocabulaire. Elle détermine ce que vous pouvez faire en cas de refus : suspendre le référencement et bloquer les paiements si le contrat le prévoit, ou rien du tout.
3. Le bâtiment : ne pas confondre avec la décennale
Dans le bâtiment, l’obligation clairement identifiable est l’assurance de responsabilité décennale, imposée par l’article L241-1 du code des assurances et sanctionnée pénalement. Les fiches officielles présentent également la RC professionnelle comme obligatoire pour ces métiers, mais les textes de référence qu’elles citent sont ceux de la décennale : en pratique, les deux garanties figurent au même contrat, sans qu’un texte propre impose la RC pro générale. Retenez la conséquence opérationnelle : obtenir une attestation décennale ne vaut pas obtention d’une RC pro, et inversement. Vérifiez que le document reçu couvre bien les deux, ou réclamez les deux.
Quand faut-il la demander ?
Au référencement, avant contractualisation, et avant toute première intervention sur site. Pour les activités réglementées, la production de l’attestation est une condition d’exercice : son absence est un signal à traiter avant d’aller plus loin, pas une formalité à régulariser plus tard.
Durée de validité : ce que la période imprimée ne prouve pas
Aucun texte ne fixe de durée de validité à une attestation de RC professionnelle. L’usage est une attestation annuelle, alignée sur l’échéance du contrat, souvent émise en début d’année civile.
Le piège tient à ce que cette période mesure : elle indique que le contrat court sur cet intervalle, pas que la garantie est active à un jour donné de cet intervalle. L’article L113-3 du code des assurances organise en effet la suspension de la garantie en cas de prime impayée : à défaut de paiement dans les dix jours de l’échéance, l’assureur peut mettre l’assuré en demeure ; la garantie est suspendue trente jours après cette mise en demeure, et l’assureur peut résilier dix jours plus tard.
Pendant toute cette séquence, l’attestation que vous détenez reste inchangée et paraît valable. Vous n’êtes pas partie au contrat d’assurance : l’assureur n’a aucune obligation de vous informer, et le prestataire n’a aucune obligation légale spontanée de le faire.
À quelle fréquence la renouveler ?
Aucun texte n’impose de périodicité de collecte au donneur d’ordre, et aucune autorité ne publie de recommandation sur ce point. Les fréquences que l’on lit couramment proviennent d’éditeurs de solutions documentaires : ce sont des usages, pas des règles.
Ne transposez pas le rythme de la vigilance Urssaf. L’obligation de vérification tous les six mois posée par l’article D8222-5 du code du travail vise exclusivement l’attestation de vigilance et le justificatif d’immatriculation, pour les contrats d’au moins 5 000 € HT. Elle ne s’étend pas à l’attestation d’assurance. La confusion est fréquente et conduit à des dossiers surchargés d’un côté, incomplets de l’autre.
Deux règles opérationnelles se déduisent du mécanisme, à titre de recommandation :
- une collecte à l’échéance de chaque attestation, avec une relance anticipée — trente jours au minimum ;
- une collecte événementielle avant toute intervention à enjeu : nouveau chantier, nouveau site, marché d’un montant significatif, changement de périmètre de la prestation.
Comment la vérifier ?
Sept contrôles, du plus rapide au plus décisif.
- L’identité de l’assuré. Dénomination et Siren doivent être identiques sur l’attestation, le contrat, l’extrait Kbis et le RIB. Une attestation au nom de la maison mère ou d’une société sœur ne couvre pas l’entité qui exécute.
- Les activités garanties, comparées ligne à ligne à la prestation confiée. C’est le contrôle le plus discriminant. La garantie ne joue que pour les activités déclarées : un dommage résultant d’une activité qui ne figure pas sur l’attestation n’est pas couvert. Une entreprise assurée pour de la maintenance informatique à qui vous confiez du développement applicatif n’est pas nécessairement couverte pour ce lot.
- La période de validité, rapportée à la date d’intervention — et non à la date de signature du contrat.
- Les montants de garantie, et leur unité. Un plafond est généralement exprimé par sinistre et par année d’assurance. Ces deux chiffres ne disent pas la même chose : le plafond annuel peut avoir été partiellement consommé par un sinistre antérieur concernant un autre client. L’attestation ne mentionne jamais la capacité restante.
- Les franchises, à rapprocher de la valeur du lot : une franchise élevée face à une prestation de faible montant vide la garantie de son intérêt pratique.
- L’étendue territoriale. Selon les contrats, la garantie est limitée à la France, à l’Union européenne, ou étendue au monde entier avec des exclusions. À vérifier dès que la prestation, la livraison ou l’utilisation du livrable dépasse la France.
- L’existence et l’habilitation de l’assureur. Depuis le 1er juillet 2026, les registres Regafi et Refassu ont fusionné en un registre public unique, tenu par l’ACPR sur regafi.fr et mis à jour quotidiennement : il permet de vérifier qu’un organisme est autorisé à exercer en France et sur quel périmètre d’agrément. Les assureurs européens intervenant en libre prestation de services figurent au registre de l’EIOPA. L’intermédiaire — courtier ou agent — doit être immatriculé à l’Orias. Ces consultations sont gratuites.
Ces trois registres répondent à trois questions différentes, et il est utile de ne pas les confondre : Regafi dit si l’assureur est agréé en France, l’EIOPA si un assureur européen l’est dans son pays d’origine, l’Orias si l’intermédiaire est immatriculé. Un courtier régulièrement immatriculé peut placer un risque auprès d’un assureur fragile : l’immatriculation ne dit rien de la solidité du porteur de risque.
En cas de doute sérieux — marché d’un montant élevé, prestataire récent, document dont la mise en forme surprend — le contrôle qui tranche reste l’appel à l’assureur ou au courtier avec le numéro de contrat, en utilisant les coordonnées trouvées au registre et non celles imprimées sur le document reçu.
Le risque que la vérification documentaire ne couvre pas
Plusieurs assureurs européens intervenant en France en libre prestation de services ont cessé leur activité au terme de décisions de leurs autorités nationales — Gable, Elite, CBL, Alpha et Qudos figurent parmi les cas signalés par ABE Infoservice, le service public d’information de la Banque de France, de l’ACPR et de l’AMF. Ces entreprises étaient régulièrement agréées et opéraient légalement ; les attestations qu’elles émettaient étaient authentiques.
Autrement dit : vérifier l’authenticité d’un document ne couvre pas le risque de contrepartie. Repérer le pays d’agrément de l’assureur, et pas seulement son nom, fait partie du contrôle utile.
Ce que l’attestation ne dit pas : quand la garantie se déclenche
C’est l’angle mort le plus coûteux, et il n’apparaît presque jamais sur le document. L’article L124-5 du code des assurances laisse aux parties le choix entre deux mécanismes.
- Le déclenchement par le fait dommageable : la garantie joue dès lors que le fait générateur survient pendant la période d’assurance, quelle que soit la date à laquelle la réclamation est formée.
- Le déclenchement par la réclamation : la garantie ne joue que si la première réclamation est adressée avant l’expiration d’un délai subséquent courant après la résiliation du contrat. Ce délai est fixé par le contrat et ne peut être inférieur à cinq ans. Le plafond applicable pendant cette période ne peut être inférieur à celui de l’année précédant la résiliation.
Pour un donneur d’ordre, la différence se matérialise des années après la fin de la prestation. Une mission de conseil livrée en 2026 par un prestataire qui change d’assureur ou cesse son activité en 2027 n’est couverte, en base réclamation, que si le préjudice est réclamé avant la fin du délai subséquent. Une attestation « valable jusqu’au 31 décembre 2026 » ne dit rien de cette exposition longue.
Que faire de cette information ? Pour les prestations à effet différé — conseil, ingénierie, développement logiciel, expertise —, demander au prestataire, en complément de l’attestation, le mode de déclenchement retenu et la durée du délai subséquent. C’est une question précise, à laquelle son courtier répond en quelques minutes, et elle en dit plus long sur votre exposition réelle que le montant du plafond.
Quels risques en cas d’absence ou d’expiration ?
- Un risque financier direct. Si le prestataire n’est pas assuré pour l’activité en cause et n’est pas solvable au moment du sinistre, l’indemnisation reste à votre charge — ou à celle de votre propre assureur, avec les conséquences habituelles sur vos conditions.
- Un risque de report. Vous répondez devant vos clients de la prestation livrée, y compris pour la part sous-traitée. L’absence de couverture chez votre prestataire ne suspend pas votre propre responsabilité.
- Un risque réglementaire indirect. Lorsque l’activité est réglementée, un prestataire non assuré exerce irrégulièrement : le manquement à l’obligation d’assurance des professionnels de santé est ainsi puni de 45 000 € d’amende, assortie d’une possible interdiction d’exercer, et des sanctions disciplinaires peuvent s’y ajouter. Faire intervenir un professionnel en situation irrégulière expose à des conséquences contractuelles et réputationnelles.
- Un risque contractuel. Attestation manquante ou expirée : refus d’accès au site, suspension de l’intervention, blocage des paiements, résiliation aux torts du prestataire lorsque le contrat le prévoit.
- Un risque de preuve. Plusieurs années après, la question posée n’est pas « avions-nous une attestation ? » mais « quelle attestation couvrait cette prestation, à cette date, pour cette activité ? ». Sans historique, elle est sans réponse.
- Le risque du faux document. La falsification d’une attestation relève du faux et usage de faux, puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende. Les incohérences internes — dénomination, Siren, dates, mise en forme, coordonnées d’assureur introuvables au registre — sont ce qui permet de le repérer.
Que faire lorsqu’elle expire ?
- Relancer trente jours avant l’échéance, en demandant l’attestation de la période suivante — pas une confirmation verbale de renouvellement.
- Identifier les prestations en cours concernées, et celles qui doivent démarrer : ce sont les secondes qui posent le problème immédiat.
- Suspendre les nouvelles interventions tant que l’attestation à jour n’est pas au dossier, si votre contrat le prévoit. C’est la seule mesure réellement dissuasive.
- Vérifier la continuité à réception. Contrôler qu’il n’existe pas de trou entre les deux périodes, et surtout que les activités garanties et les plafonds n’ont pas été réduits au passage : un changement d’assureur s’accompagne fréquemment d’un périmètre différent.
- Conserver l’ancienne attestation. Elle reste la preuve de la couverture applicable aux prestations exécutées pendant sa période de validité, et cette preuve peut être réclamée longtemps après. On archive, on ne remplace pas.
Comment automatiser son suivi ?
Lire une attestation correctement demande une quinzaine de minutes. Le problème n’apparaît pas à la première : il apparaît lorsque la même lecture doit être refaite pour soixante prestataires, avec des échéances réparties sur soixante dates différentes, des activités garanties à recouper avec des lots qui évoluent, et des attestations antérieures à retrouver plusieurs années après.
Les éléments à tenir, indépendamment de l’outil :
- la date d’échéance de chaque attestation, avec une alerte anticipée d’au moins trente jours ;
- les activités garanties, stockées comme une donnée exploitable et non enfouies dans un PDF, pour être comparées à la prestation confiée ;
- les plafonds et franchises, à rapprocher de la valeur des marchés confiés ;
- l’historique des versions : chaque attestation reste la preuve de la couverture des prestations exécutées sous son empire ;
- la relance, tracée, avec la date d’envoi et la réponse obtenue ;
- la validation : qui a contrôlé le document, quand, et sur quels points ;
- le lien avec les prestations, pour répondre à la seule question qui compte au moment du sinistre : cette attestation couvrait-elle cette intervention, à sa date, pour cette activité ?
Un tableur suffit tant que le nombre de tiers reste faible, à condition que quelqu’un l’ouvre. Le point de bascule n’est pas le nombre de fournisseurs mais le nombre d’échéances distinctes à surveiller — et, pour la RC pro, le fait que chaque document demande une lecture et non une simple date de péremption.
Conformity-hub centralise ces justificatifs, suit leurs dates de validité, déclenche les relances et conserve l’historique des versions par tiers, de sorte que la question « qui n’est plus couvert la semaine prochaine ? » se répond sans rouvrir les dossiers un par un.
Les informations présentées sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un conseil juridique. Elles reflètent l’état des sources officielles citées ci-dessous à la date de dernière mise à jour de cette page.
Questions fréquentes
L’assurance responsabilité civile professionnelle est-elle obligatoire ?
Il n’existe pas d’obligation générale en droit français. Souscrire une assurance professionnelle n’est pas toujours obligatoire : tout dépend de l’activité exercée. L’obligation résulte de textes sectoriels visant des professions ou activités réglementées — santé, avocats, experts-comptables, architectes, géomètres-experts, agents immobiliers, intermédiaires en assurance et en opérations de banque, conseillers en investissements financiers, opérateurs de voyages, sécurité privée, établissements d’activités physiques et sportives, entre autres. Pour un prestataire informatique, un cabinet de conseil, une entreprise de nettoyage ou un fournisseur industriel, aucun texte ne l’impose : la réclamer reste légitime, mais relève d’une exigence contractuelle, qui n’est opposable que si elle figure dans le contrat ou les conditions générales d’achat.
Quelle est la durée de validité d’une attestation de RC professionnelle ?
Aucun texte n’en fixe. L’usage est une attestation annuelle, alignée sur l’échéance du contrat. Attention à ce que mesure cette période : elle indique que le contrat court sur cet intervalle, pas que la garantie est active à un jour donné. L’article L113-3 du code des assurances prévoit qu’en cas de prime impayée, l’assureur peut mettre l’assuré en demeure passé un délai de dix jours après l’échéance ; la garantie est alors suspendue trente jours après la mise en demeure, et l’assureur peut résilier dix jours plus tard. Pendant toute cette séquence, l’attestation détenue par le donneur d’ordre reste inchangée.
Existe-t-il un modèle officiel d’attestation de RC professionnelle ?
Non, sauf en assurance construction. L’arrêté du 5 janvier 2016 fixe un modèle et des mentions minimales pour l’attestation d’assurance de responsabilité décennale, codifiées à l’article A243-3 du code des assurances. Aucun équivalent n’existe pour la RC professionnelle en général : ni format imposé, ni liste de mentions obligatoires. Le contenu relève de l’assureur, ce qui explique que deux attestations également authentiques puissent avoir des niveaux de détail très différents.
Faut-il redemander l’attestation d’assurance tous les six mois, comme l’attestation de vigilance ?
Non. L’obligation de vérification tous les six mois posée par l’article D8222-5 du code du travail vise l’attestation de vigilance Urssaf et le justificatif d’immatriculation, pour les contrats d’au moins 5 000 € HT. Elle ne s’étend pas à l’attestation d’assurance, pour laquelle aucun texte ni aucune autorité ne fixe de périodicité de collecte. En pratique, une collecte à chaque échéance de l’attestation, complétée d’une collecte avant toute intervention à enjeu, couvre l’essentiel du besoin — mais il s’agit d’une recommandation opérationnelle, pas d’une règle.
Une attestation de RC pro couvre-t-elle toutes les prestations du fournisseur ?
Non. La garantie ne joue que pour les activités déclarées au contrat et reprises sur l’attestation : un dommage résultant d’une activité non listée n’est pas couvert. C’est le contrôle le plus souvent négligé et le plus discriminant. Il faut comparer, ligne à ligne, les activités garanties et la prestation réellement confiée — et vérifier séparément, lorsque c’est le cas, que l’intervention en qualité de sous-traitant est bien couverte : son absence de l’attestation ne signifie pas que la garantie existe.
Comment vérifier qu’une attestation d’assurance n’est pas un faux ?
Commencez par les incohérences internes : dénomination et Siren identiques à ceux du Kbis et du contrat, cohérence des dates, coordonnées de l’assureur. Vérifiez ensuite que l’assureur est autorisé à exercer en France sur le registre public unique de l’ACPR, regafi.fr, issu de la fusion de Regafi et Refassu le 1er juillet 2026 ; pour un assureur européen intervenant en libre prestation de services, consultez le registre de l’EIOPA ; pour l’intermédiaire, l’Orias. En cas de doute sérieux, appelez l’assureur avec le numéro de contrat, en utilisant les coordonnées issues du registre et non celles imprimées sur le document reçu. La falsification d’une attestation constitue un faux, puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende.
Sources officielles
- Professionnels : quelles sont les assurances obligatoires ?— Ministère de l’Économie
- L’assurance responsabilité civile— ABE Infoservice (Banque de France, ACPR, AMF)
- Code des assurances, article L113-3 — suspension de la garantie en cas de prime impayée— Légifrance
- Code des assurances, article L124-5 — déclenchement de la garantie et délai subséquent— Légifrance
- Code des assurances, article A243-3 — mentions minimales de l’attestation d’assurance construction— Légifrance
- Code de la santé publique, article L1142-2 — obligation d’assurance des professionnels de santé— Légifrance
- Code des assurances, article L512-6 — obligation d’assurance des intermédiaires— Légifrance
- Code du tourisme, articles R211-35 à R211-40 — responsabilité civile professionnelle des opérateurs de voyages— Légifrance
- Code de la sécurité intérieure, article L612-5 — assurance des entreprises de sécurité privée— Légifrance
- Code du sport, articles L321-1 et L321-7 — obligation d’assurance— Légifrance
- Code du travail, article D8222-5 — vérifications à la charge du donneur d’ordre— Légifrance
- Agent immobilier : les règles qui encadrent la profession— DGCCRF
- Obligations d’assurance des professionnels inscrits à l’Ordre— Ordre des architectes
- Lancement du registre public unique banque et assurance regafi.fr— ACPR — Banque de France
- Registre des organismes d’assurance et des intermédiaires— Orias
- Register of Insurance Undertakings— EIOPA
- Assureurs en assurance construction ayant cessé leur activité : Gable, Elite, CBL, Alpha, Qudos— ABE Infoservice (Banque de France, ACPR, AMF)
- Code pénal, article 441-1 — faux et usage de faux— Légifrance
- Arrêté du 22 mars 2019 — documents pouvant être demandés aux candidats aux marchés publics— Légifrance